Individualiser ; ne pas « lâcher » (surtout avec des ados) ; regarder le cahier de transmission (comment s’est passé la veille, programme de la journée pour la personne…) ; négocier les modalités du lever avec la personne, non seulement les conditions matérielles (horaires, …), mais aussi « l’ambiance »… Si ce n’est pas possible (mutisme, opposition), on repasse par les centres d’intérêt de la personne pour venir à elle avec quelque chose qu’elle aime (objet, musique…), on la surprend par une mise en scène ludique… Se renseigner sur les habitudes familiales, appeler un parent si nécessaire (comment vous faites à la maison ?)… Inventer un rituel pour le réveil du groupe, ou pour l’enfant (adulte) seul (cf. Rituel éducatif)
Jeux, petites blagues…
- Cache-cache et ses variantes (couvertures, « où est mon bébé ? » : faire mine de chercher la personne…) ; faire le suchi (l’enfant s’enveloppe dans sa couette…)
- Chatouilles
- Enlever la couette du récalcitrant, voire renverser le lit (si la personne a de l’humour !)
- Emmener le lit dans le couloir… (idem !)
- « Montre-moi de quel pied tu te lèves ? Attention, pas du pied gauche ! »
- Chuchoter à la personne encore couchée une demande absurde : « Tu n’as pas vu la boite à clous ? » Ou : « Bonjour, on est le 24 juin 2040, le temps est à la neige… »
- Jouer au lever de caserne : « A mon commandement ! Debout ! » (ou « jouer de la trompette » pour le réveil !)
- Jeux de défis : « Tu n’es pas cap de t’habiller en 4 minutes 35 secondes ! »
- Photographier la personne qui dort, ou fait semblant de dormir[1]
Bonjour et réveils personnalisés :
- « bonjour, aujourd’hui vous êtes… » : suivi d’un adjectif en « ant » (rayonnant, souriant, verdoyant, bruyant…) (MECS) L’éducateur vouvoie l’enfant, le proclame « roi », ou princesse » du jour
- Checks individualisés pour dire bonjour (pour le réveil, l’éducateur murmure « check time » à l’enfant, puis l’attend sur le seuil pour faire un check personnalisé, créé par l’enfant : J’ai pu lors de mon premier stage, en MECS, constater que souvent les individualités des enfants étaient noyées dans le collectif, en raison des contraintes de la vie en internat. J’ai cherché comment, de façon ludique, créer une rencontre personnalisée. Un moyen de reconnaître l’enfant dans le groupe, de le valoriser. Après avoir constaté à plusieurs reprises que le lever pour les plus petits était vraiment compliqué, je décide de rendre ce moment plus plaisant, plus léger. La façon de se dire bonjour le matin était pour moi un paramètre important à prendre en compte puisque ce bonjour pouvait, pour certains, être déterminant pour le reste de la journée. C’est lors d’une discussion avec un des adolescents de mon groupe que l’idée me vient : je vais proposer un « check » personnalisé pour chaque enfant du groupe des petits, pour rendre le lever moins contraignant. Chaque « check » sera adapté en fonction de la personnalité des enfants. Le lendemain je propose donc mon idée au groupe des petits, qui l’accueille avec enthousiasme. Les « check » doivent être courts si les enfants veulent que je puisse tous les retenir. Chacun réfléchit à son « check » et me fait une démonstration à la fin de la journée. Depuis, c’est ainsi que commençait la journée sur le groupe des petits : je frappais doucement à la porte, me dirigeais vers chaque lit et leur murmurais tout en les câlinant « check time ». J’attendais au seuil de la porte de la chambre que les enfants se lèvent ; puis à chaque passage nous faisions le « check » personnalisé de l’enfant. Au fil du temps, les enfants auront de moins en moins de mal à se lever…: Voir sur youtube la vidéo d’un enseignant américain, B. White : les jeunes sont à la file indienne devant la porte de la classe ; l’enseignant les attend et fait un check individualisé avec chacun. Il y a aussi une vidéo d’une enseignante qui fait de même.
- Dire bonjour dans la langue de la personne (personnes immigrées, mineurs isolés…)
- Réveil en douceur : chuchoter…
- Mettre de la musique pour réveiller la personne ; se baser sur la musique qu’elle aime (centres d’intérêt)
- Jouer un air de guitare (ou autre instrument) pour chaque personne (Mecs…)
- Chanter nous-mêmes (pas seulement mettre de la musique) : trouver « La Chanson » qui motive la personne à se lever ; inventer des paroles personnalisées
- Chanter une chanson avec le prénom de la personne…
- Et… avec une chorégraphie ! (l’éducateur danse devant le jeune…)
- Avec quelqu’un de lent : lui proposer un aménagement d’horaire (se lever plus tôt…)
- …Ou mimer sans se moquer la lenteur et la vitesse…
- …Ou se synchroniser physiquement au « lambin »
- Théâtraliser : « je vois que tu vas mal, surtout, il faut que tu dormes, surtout ne te lève pas ! » (« recadrage » (cf. wiki) : aller dans le sens du symptôme…)
- Prendre soin : « Reste au lit pour le moment, je vais te faire un bon chocolat chaud et je te l’apporte ! » ; jouer à se faire « serviteur » de la personne
- L’éduc prépare du pain perdu, un chocolat chaud, du café, du pain grillé : l’odeur attire tout le monde… et donne envie de se lever
- L’éducateur apporte à chacun un verre (jus de fruit, lait…) selon les goûts de la personne (« service d’étage »), cela en musique…
- Poupée, peluche, marionnette : s’adresser au poupon, le faire parler…
- Faire participer d’autres enfants, résidents, au lever de la personne ; donner la responsabilité du lever collectif ou individuel à un usager (pour quelqu’un de difficile à lever : par qui tu voudrais être réveillé ?)
- Le petit mot : l’éducateur annonce à l’enfant (l’adulte) encore couché qu’il a eu du « courrier » : il a écrit un mot pour lui (un bonjour écrit) ; ou bien il a laissé un mot le soir pour souhaiter bonne nuit…
- L’éducateur de service n’arrive pas à faire se lever un adolescent ; toute l’équipe y va, direction comprise, en lui « faisant fête »
- Comment se passait le matin à la maison ? Appeler le parent si possible (voir récit « on avait oublié un détail », Sortir de l’impasse, p. 113). Sinon, « comment elle faisait ta mère ? » Reprendre la méthode familiale pour le réveil (exemple : l’enfant s’habille avant le petit-déjeuner et non l’inverse ; faire les tresses de la petite fille africaine au lever… : « Qui te faisait ces belles tresses ? »)
[1] La photographie peut saisir beaucoup de moments du quotidien, de « beaux moments », ce qui permet notamment de transmettre aux parents